Orthodontie

Prévention des récessions gingivales en traitement orthodontique (ODF)

La récession gingivale n'est pas une fatalité du traitement orthodontique : elle est largement prévisible et évitable lorsque le déplacement ...

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Comprendre la récession en contexte ODF

La récession gingivale correspond à une migration apicale du rebord gingival marginal au-delà de la jonction émail-cément, exposant la surface radiculaire. En orthodontie, elle constitue l'un des effets indésirables parodontaux les plus documentés, sans pour autant être une conséquence inévitable du traitement.

Les revues systématiques disponibles montrent que le traitement orthodontique peut être associé à une augmentation faible mais statistiquement significative de la prévalence et de la sévérité des récessions, particulièrement au niveau des incisives mandibulaires. L'effet moyen reste modeste à l'échelle d'une population, mais devient cliniquement majeur sur les sites individuellement vulnérables — d'où l'intérêt d'une approche centrée sur le dépistage du risque plutôt que sur une crainte généralisée.

La classification de référence est aujourd'hui celle de Cairo (RT1, RT2, RT3), intégrée à la classification internationale de 2018, qui repose sur le niveau d'attache interproximal plutôt que sur les seuls repères mucogingivaux de l'ancienne classification de Miller.

Type (Cairo)Attache interproximalePronostic de recouvrement
RT1Pas de perte interproximaleRecouvrement radiculaire complet envisageable
RT2Perte interproximale ≤ récession vestibulaireRecouvrement complet possible mais incertain
RT3Perte interproximale > récession vestibulaireRecouvrement complet non prévisible

Terminologie

Le terme « phénotype parodontal » (épaisseur gingivale + largeur de tissu kératinisé + épaisseur osseuse) a remplacé « biotype » depuis le World Workshop 2017. Contrairement au biotype, le phénotype peut être modifié — notamment par greffe — ce qui ouvre la voie à la prévention chirurgicale.
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Mécanismes physiopathologiques

La récession liée à l'ODF résulte fondamentalement d'un déplacement dentaire qui sort la racine de l'enveloppe osseuse alvéolaire. Lorsque la table osseuse vestibulaire est fine, le déplacement crée une déhiscence ou une fenestration : la gencive, privée de support osseux et soumise à l'inflammation ou au traumatisme, migre alors apicalement.

1. Mouvement hors de l'enveloppe osseuse

La proclinaison ou la version vestibulaire amincit puis perfore la corticale vestibulaire, créant une déhiscence osseuse, terrain anatomique de la future récession.

2. Gencive sans support osseux sous-jacent

Sur une déhiscence, le tissu gingival devient vulnérable. Un phénotype fin et une faible bande de tissu kératinisé aggravent cette fragilité.

3. Facteur déclenchant : inflammation ou trauma

L'accumulation de plaque autour des brackets, ou un brossage traumatique, transforme la vulnérabilité anatomique en perte d'attache et migration marginale.

Ce modèle en trois temps explique pourquoi la récession survient parfois pendant le traitement, mais aussi à distance, en phase de contention : la déhiscence osseuse créée persiste et reste un site sensible des années après la dépose.

Concept clé

Ce n'est pas l'orthodontie en elle-même qui provoque la récession, mais le déplacement d'une racine hors de son couloir osseux sur un parodonte fin et inflammatoire. La prévention agit donc sur trois leviers : limiter le mouvement à l'enveloppe osseuse, épaissir le phénotype quand il est défavorable, et maîtriser l'inflammation.

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Facteurs de risque

L'identification des facteurs de risque, avant et pendant le traitement, conditionne toute la stratégie préventive. Ils se répartissent en facteurs anatomiques, biomécaniques et liés au patient.

Phénotype fin

Gencive transparente laissant voir la sonde, faible épaisseur tissulaire. Premier facteur de vulnérabilité.

Faible tissu kératinisé

Bande de gencive attachée réduite (< 2 mm), absence de barrière face au trauma et à l'inflammation.

Déhiscence / fenestration préexistante

Table osseuse vestibulaire mince ou déjà déficiente, fréquente sur incisives mandibulaires et canines.

Proclinaison incisive mandibulaire

Augmentation de l'IMPA et version vestibulaire : mouvement le plus fréquemment associé à la récession.

Expansion d'arcade

Expansion vestibulaire excessive des secteurs latéraux poussant les racines contre une corticale fine.

Récession préexistante

Toute récession déjà présente peut s'aggraver sous l'effet du mouvement et de l'inflammation.

Insertion frénale haute

Frein labial ou lingual tractant le rebord marginal, surtout sur zone de tissu kératinisé insuffisant.

Contrôle de plaque insuffisant

Hygiène défaillante autour des appareils, transformant la vulnérabilité anatomique en perte d'attache.

Le mouvement le plus surveillé

La proclinaison des incisives mandibulaires reste le déplacement le plus souvent corrélé à la récession dans la littérature. Tout projet impliquant une augmentation marquée de l'IMPA sur un phénotype fin doit déclencher une évaluation parodontale préalable.
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Le diagnostic préventif : angles et mesures

C'est au diagnostic que la prévention se joue. L'enjeu n'est pas seulement de constater l'état parodontal, mais de chiffrer le risque : confronter la position dentaire visée (angles céphalométriques) aux réserves anatomiques disponibles (mesures parodontales et osseuses). Un mouvement « sûr » sur un parodonte épais devient dangereux sur un parodonte fin — seules les mesures permettent de trancher.

4.1 — Angles céphalométriques de l'incisive mandibulaire

L'incisive mandibulaire est l'épicentre du risque. Trois paramètres se mesurent sur téléradiographie de profil : leur valeur de départ (T0), la valeur visée par le projet, et surtout la variation imposée par le traitement (Δ).

ParamètreDéfinitionNorme indicativeSeuil de vigilance
IMPAAngle axe long de l'incisive / plan mandibulaire (Go-Me)90° ± 5 (Tweed) ; jusqu'à ~95°IMPA final > 95° prudence
ΔIMPAVariation de l'IMPA induite par le traitement (T1 − T0)Proclinaison ≥ 10° risque élevé
L1-NB (angle)Angle incisive inférieure / ligne Na-B25°> 25° = version vestibulaire
L1-NB (distance)Distance bord incisif / ligne Na-B4 mmAugmentation = avancée vestibulaire
FMIAAngle incisive / plan de Francfort (triangle de Tweed)65°Diminution = proclinaison

La règle des 10°

Une proclinaison de l'incisive mandibulaire de 10° ou plus (par rapport au plan Go-Me) augmente significativement le risque de récession, notamment linguale — un risque multiplié par environ 17 dans les travaux d'Antonarakis et coll. Un projet imposant un ΔIMPA ≥ 10° sur un parodonte fin doit faire reconsidérer la mécanique (extraction, ancrage, compromis d'alignement) ou déclencher une greffe préventive.

Nuance importante

La proclinaison en elle-même n'est pas un prédicteur fort et constant à l'échelle d'une population : plusieurs cohortes (dont Morris & Buschang) ne retrouvent pas de surcroît significatif de récession au-delà d'un IMPA de 95°. Le danger réel naît de la conjonction : proclinaison marquée + os vestibulaire fin + phénotype fin + inflammation. C'est pourquoi les angles ne se lisent jamais seuls, mais toujours en regard des mesures parodontales et osseuses ci-dessous.

4.2 — Mesures parodontales et osseuses

Le déterminant anatomique de la récession est la déhiscence osseuse : sans perte du support osseux vestibulaire, la récession ne se produit pas. Trois mesures objectivent la fragilité du site avant tout déplacement.

MesureMéthodeSeuil défavorableLecture
Épaisseur gingivale (GBT)Transparence de la sonde (méthode TRAN) ou mesure directe≤ 1 mm / sonde visible par transparence finPhénotype fin = vulnérabilité de premier ordre
Tissu kératinisé (KGW)Du rebord marginal à la ligne mucogingivale< 2 mm insuffisant (coupures ~2,2–2,7 mm rapportées)Faible barrière face au trauma et à la traction
Os vestibulaire crestal (LBT-crest)CBCT, épaisseur de corticale au sommet de crête< 1 mm (coupure ~0,7 mm rapportée) finRisque de déhiscence sous mouvement vestibulaire

Méthode TRAN (test de transparence)

Sonde parodontale insérée dans le sillon vestibulaire : si son contour métallique est visible par transparence à travers la gencive marginale, le phénotype est fin (≤ ~1 mm). C'est le geste de dépistage le plus simple et le plus reproductible, réalisable au fauteuil sans matériel additionnel.

4.3 — Protocole d'évaluation au fauteuil

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Mesure du phénotype gingival

Test de transparence à la sonde (TRAN) sur chaque site à risque. Relevé de l'épaisseur gingivale (fin si ≤ 1 mm) et de la hauteur de tissu kératinisé (insuffisant si < 2 mm).

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Analyse céphalométrique prévisionnelle

Sur la téléradiographie de profil : IMPA, L1-NB, FMIA de départ, puis estimation du ΔIMPA qu'imposera le projet. Tout projet à ΔIMPA ≥ 10° ou IMPA final > 95° est classé « à risque ».

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Cartographie des récessions existantes

Relevé site par site selon la classification de Cairo (RT1/2/3) avec photographies de référence. Documentation indispensable pour un suivi objectif et la traçabilité médico-légale.

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Évaluation de l'inflammation

Indices de plaque et de saignement. Une gingivite active doit être assainie avant la pose : jamais de bague sur un parodonte inflammatoire.

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Analyse osseuse ciblée (CBCT)

Sur les cas « à risque » identifiés à l'étape 2 : mesure de l'épaisseur de corticale vestibulaire (LBT-crest fin si < 1 mm), repérage des déhiscences et fenestrations préexistantes. Le CBCT n'est pas systématique mais réservé à ces situations.

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Examen des freins et tractions

Repérage des insertions frénales hautes tractant le rebord marginal, à confronter au tissu kératinisé disponible.

La logique du diagnostic préventif

Le risque ne se lit pas dans un seul chiffre mais dans le croisement de l'angle (mouvement projeté) et de la mesure (réserve anatomique) :

  • Angle favorable + parodonte épais → mouvement sûr, surveillance simple.
  • ΔIMPA ≥ 10° ou IMPA > 95° + GBT ≤ 1 mm ou os < 1 mm → site à haut risque : revoir la mécanique ou greffer avant.
  • Déhiscence osseuse déjà documentée sur un site à déplacer en vestibulaire → greffe préventive impérative.

Coordination ODF–parodontie

L'idéal est une consultation conjointe orthodontiste–parodontiste pour les cas chiffrés « à risque », formalisée par une décision de séquençage : assainissement, éventuelle greffe préventive, puis mise en place de l'appareil.
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Planification respectant l'enveloppe osseuse

La prévention biomécanique consiste à maintenir les racines dans leur couloir osseux. C'est la première ligne de défense, avant toute considération chirurgicale.

Limiter les mouvements à risque

  • Proclinaison incisive contrôlée : maîtriser l'augmentation de l'IMPA, surtout sur phénotype fin. Préférer parfois des extractions stratégiques ou un recours à l'ancrage squelettique plutôt qu'une proclinaison compensatrice excessive.
  • Expansion raisonnée : distinguer expansion squelettique (suturale, par disjonction sur patient en croissance) et expansion dentoalvéolaire pure, plus à risque de pousser les racines contre la corticale.
  • Torque radiculo-vestibulaire prudent : éviter de plaquer la racine contre une table osseuse fine.

Stratégies de protection osseuse

Sur les cas limites, certaines approches visent à créer ou préserver de l'os autour de la racine déplacée : techniques chirurgicalement assistées (orthodontie corticotomie-assistée avec apport de greffe osseuse particulaire vestibulaire), ou orthodontie « décélérée » respectant la biologie. Ces options relèvent d'une décision pluridisciplinaire.

Le piège

Vouloir « tout aligner » par expansion et proclinaison pour éviter des extractions, sur un patient au phénotype fin et aux corticales minces.

La parade

Évaluer l'enveloppe osseuse au CBCT, accepter un compromis d'alignement ou recourir à l'extraction/ancrage, et planifier une greffe préventive si le mouvement vestibulaire reste indispensable.

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Contrôle de plaque pendant le traitement

L'appareil multibague est un piège à plaque. Sur un site anatomiquement vulnérable, l'inflammation est le déclencheur final de la récession. La maîtrise du biofilm est donc un pilier préventif à part entière.

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Éducation et motivation initiale

Démonstration de la technique de brossage adaptée aux appareils, brossettes interdentaires et brossette ortho. Le brossage doit être efficace mais non traumatique sur les sites fins.

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Adjuvants chimiques ciblés

Bains de bouche à la chlorhexidine (CHX) en cure courte lors des phases inflammatoires aiguës, sans usage chronique en raison des colorations. Solutions fluorées quotidiennes pour la prévention carieuse péri-bracket.

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Maintenance parodontale rapprochée

Détartrage et réévaluation à intervalles plus courts qu'en population générale pendant tout le traitement, avec recontrôle systématique des sites à risque cartographiés au départ.

Brossage traumatique

Un brossage horizontal vigoureux avec brosse dure aggrave la récession sur phénotype fin. Recommander une brosse souple et une technique douce, et corriger les habitudes traumatiques dès le bilan initial.

En contexte algérien, la chlorhexidine en bain de bouche (CHX générique, Bétadine bain de bouche) et les dentifrices fluorés sont largement disponibles. Les brossettes interdentaires et brossettes orthodontiques sont à prescrire explicitement, leur usage spontané restant rare.

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Chirurgie muco-gingivale préventive

Lorsque le phénotype est défavorable et que le mouvement vestibulaire est indispensable, l'épaississement du phénotype avant le déplacement constitue la stratégie préventive la plus solide. On modifie le terrain pour qu'il supporte le mouvement.

Indications de greffe préventive pré-orthodontique

  • Phénotype très fin associé à un mouvement vestibulaire programmé sur le site.
  • Tissu kératinisé insuffisant (< 2 mm) avec traction frénale ou musculaire.
  • Déhiscence osseuse documentée sur un site qui sera déplacé en vestibulaire.
  • Récession débutante qui risque de s'aggraver sous traitement.

Techniques

Greffe de conjonctif enfoui (GCE)

Référence pour épaissir le phénotype et augmenter le tissu kératinisé tout en préservant l'esthétique. Privilégiée sur les secteurs antérieurs visibles.

Greffe épithélio-conjonctive (greffe gingivale libre)

Augmente fiablement la hauteur de tissu kératinisé. Rendu esthétique moins favorable, plutôt indiquée en secteur mandibulaire postérieur ou en zone non visible.

Timing

La greffe préventive se réalise idéalement avant la pose de l'appareil, ou à défaut avant la phase de mouvement vestibulaire concernant le site. Le tissu épaissi protège ensuite la racine tout au long du déplacement.

Contexte algérien

L'accès au parodontiste et au plateau chirurgical reste concentré dans les grands centres urbains et le secteur privé. Pour les cas à risque, anticiper l'adressage et le séquençage est essentiel, la disponibilité d'un opérateur formé à la chirurgie plastique parodontale n'étant pas uniforme sur le territoire.
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Surveillance et interception

Pendant le traitement, la surveillance des sites cartographiés permet d'intercepter une récession naissante avant qu'elle ne s'installe.

Recontrôle photographique régulier

Comparaison aux clichés de référence sur les sites à risque, à chaque réévaluation parodontale.

Signe d'alerte précoce

Liseré marginal aminci, légère exposition cémentaire, sensibilité radiculaire ou inflammation persistante localisée à un site fin.

Décision d'interception

Devant une récession qui débute : ralentir ou réorienter le mouvement vestibulaire, intensifier le contrôle de plaque, et envisager une greffe avant aggravation.

L'interception précoce, à un stade RT1 sans perte interproximale, offre le meilleur pronostic de stabilisation, voire de recouvrement spontané partiel si l'on parvient à recentrer la racine dans son couloir osseux.

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Prise en charge d'une récession installée

Lorsque la récession est constituée, la décision dépend du type de Cairo, de la demande du patient et du moment du traitement.

Phase 1 — Décision et stabilisation

Identifier la cause (mouvement, trauma, inflammation), la corriger, et stabiliser le parodonte. Une récession RT1 stable et non symptomatique peut faire l'objet d'une simple surveillance.

Phase 2 — Recouvrement radiculaire

Pour les récessions RT1 (et RT2 sélectionnées) gênantes esthétiquement ou symptomatiques, les techniques de chirurgie plastique parodontale offrent un bon pronostic :

  • Lambeau positionné coronairement (CAF) + greffe de conjonctif enfoui — référence du recouvrement.
  • Technique du tunnel + conjonctif sur récessions multiples.

Phase 3 — Maintenance

Quel que soit le geste, la pérennité dépend du contrôle de l'inflammation, de l'arrêt du trauma de brossage et d'une maintenance parodontale régulière. La contention orthodontique doit être compatible avec une hygiène efficace.

RT3 et pertes interproximales

Devant une perte d'attache interproximale (RT3), le recouvrement complet n'est pas prévisible. L'objectif devient la stabilisation et le traitement de la sensibilité plutôt que le recouvrement esthétique total.
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Synthèse pratique

Les sept réflexes préventifs

  • Examiner systématiquement le phénotype parodontal avant tout projet d'expansion ou de proclinaison.
  • Cartographier et photographier les récessions et sites à risque avant la pose.
  • Assainir toute inflammation avant de baguer.
  • Planifier le déplacement dans le respect de l'enveloppe osseuse (CBCT sur cas limites).
  • Épaissir le phénotype par greffe avant le mouvement vestibulaire sur site défavorable.
  • Maîtriser la plaque tout au long du traitement, avec maintenance rapprochée.
  • Surveiller, intercepter tôt, et coordonner ODF et parodontie.

Questions fréquentes

L'orthodontie cause-t-elle systématiquement des récessions ?
Non. L'effet moyen sur une population est faible. La récession survient surtout sur des sites individuellement vulnérables — phénotype fin, corticale mince, mouvement vestibulaire et inflammation. C'est cette conjonction qu'il faut dépister et prévenir.
Faut-il greffer avant ou après l'orthodontie ?
Pour un site à phénotype défavorable qui va subir un mouvement vestibulaire, la greffe préventive avant le mouvement est la stratégie la plus solide : on protège la racine pendant tout le déplacement. Une récession déjà installée peut en revanche se traiter après stabilisation.
Un CBCT est-il indispensable pour tous les patients ?
Non, il est réservé aux cas à risque : expansion ou proclinaison marquée, phénotype fin, suspicion de déhiscence. L'examen clinique du phénotype et du tissu kératinisé reste le filtre de première intention.
La chlorhexidine peut-elle être prescrite en continu pendant le traitement ?
Non. La CHX s'utilise en cures courtes lors des épisodes inflammatoires, en raison des colorations et altérations du goût liées à un usage prolongé. La prévention au long cours repose sur le contrôle mécanique et le fluor.

Références

  1. méta-analyseJoss-Vassalli I, et al. Orthodontic therapy and gingival recession : a systematic review. Orthod Craniofac Res. 2010.
  2. revueRenkema AM, et al. Gingival recessions and the change of inclination of mandibular incisors during orthodontic treatment. Eur J Orthod. 2013.
  3. classificationCairo F, et al. The interproximal clinical attachment level to classify gingival recessions. J Clin Periodontol. 2011.
  4. consensusJepsen S, Caton JG, et al. Periodontal manifestations of systemic diseases and developmental/acquired conditions — World Workshop 2017/2018. J Clin Periodontol. 2018.
  5. revueWennström JL. Mucogingival considerations in orthodontic treatment. Semin Orthod. 1996.
  6. revueBollen AM, et al. The effects of orthodontic therapy on periodontal health : a systematic review. J Am Dent Assoc. 2008.
  7. revueCardaropoli D, Gaveglio L. The influence of orthodontic movement on periodontal tissues level. Semin Orthod. 2007.
  8. cohorteAntonarakis GS, et al. Gingival recessions of lower incisors after proclination by orthodontics — limite de 10° au-delà de laquelle le risque de récession linguale augmente. 2017.
  9. revueMorris JW, Campbell PM, Tadlock LP, et al. Prevalence of gingival recession after orthodontic tooth movements (IMPA ≥ 95°). Am J Orthod Dentofacial Orthop. 2017.
  10. étudeÉvaluation des valeurs de coupure KGW et épaisseur osseuse vestibulaire crestale (LBT-crest) associées à la récession post-ODF. BMC Oral Health. 2026.
  11. recommandationEuropean Federation of Periodontology (EFP) — Clinical practice guidelines on periodontal soft tissue management.
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